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Why Cie enflamme les Combustibles


Why Cie:
Yann Cléry : flûte traversière, chant, MC
Olivier Calmel : claviers
Martin Guimbelot : contrebasse
Rémy Voide : batterie

Invités:
Pierrick Pédron : saxophone alto
Jérôme Barde : bardophone (guitare électrique)
Juan Rozoff : chant

Après une intro à la flûte, genre Ka, le serpent du Livre de la Jungle, ça tourne en boucles groovy, puissantes. La flûte plane au dessus d'un gros brouet sonore. Le flutiste chante, brame en angliche. La contrebasse, très amplifiée, sonne comme une basse.

C'est tout de même le son boisé de la contrebasse. Tchik, poum, tchik du batteur. Décidément, le flutiste aime l'ambiance Livre de la Jungle. Enfin, option jungle urbaine. Olivier Calmel quitte l'habit du compositeur raffiné ultra contemporain pour celui du Keyboard Wizard à la Bernie Worrell. Y aurait il du Dr Jekill et Mr Hyde chez cet homme? La musique prend forme. C'est hypnotique, puissant, allégé par la flûte et ça ne ressemble pas à une énième copie de Bitches Brew ou des Head Hunters. Personne n'ose encore danser sur la piste.

Je pense que Yann chante en français sur cet air de ballade mais l'hypothèse reste à confirmer. La musique s'accélère, le chant aussi. Ca devient bondissant, sautillant pour replonger dans la volupté langoureuse l'instant d'après.

S'ensuit une sorte de ragga plein de bonnes vibrations. Là, il me semble que Yann chante en anglais mais cela reste à démontrer. Indéniablement, ces petits Blancs groovent bien derrière ce grand Noir. Deux avantages majeurs à ce concert: les filles sont plus belles que dans les clubs de Jazz et les places 3 fois moins cher. C'est vrai que ce n'est pas du Jazz et que la Why Cie n'est pas encore dans le Star System. Profitons en avant qu'ils ne s'y vautrent. Je préfère Yann Cléry flutiste à Yann Cléry chanteur. Certes le chant lui permet de déployer son goût pour l'extraversion. C'est le Cab Calloway du raggamuffin en fait. Quand il joue de la flûte, c'est plus sérieux. Derrière ça tourne bien. Olivier est un bon trafiquant de sons, comme disent les Colombiens, aux claviers.

Voici venu le temps non pas des rires et des chants mais du morceau de Jazz. Intro par un solo de flûte. Le groupe le rejoint. Ca sonne plus cool, plus jazz en effet. Ah un vrai solo de contrebasse Jazz! Ca allège agréablement. Olivier bondit comme un jeune cabri derrière ses claviers. Joli bruitage entre chant et souffle sur la flûte.

Premier invité: Jérôme Barde et son bardophone, guitare électrique qu'il a dessiné et conçu lui même (la caisse a une forme de haricot rouge ). Kouti Kouti. Jolis bruitages entre chant, souffle et flûte qui rappellent le regretté Rahsaan Roland Kirk. Un son mouillé, tordu sort des claviers. C'est fait pour danser debout alors que le précédent morceau était fait pour écouter assis. Nette influence ouest africaine dans les rythmes.

Deuxième invité: Pierrick Pédron au saxophone alto. La sonorité délicatement acidulée du saxophone vient alléger ce son très compact. Joli solo de claviers à partir duquel Pierrick s'élance joyeusement. Le son de Pierrick tranche à vif la masse sonore de la rythmique.

Le groove s'étire comme un accordéon. Ca balance joyeusement. Jérôme et Pierrick se joignent à la fête. Il y a aussi un coté Babs Gonzales, Monsieur Be Bop, chez ce chanteur. La rythmique pousse derrière un Pierrick de haute volée. Fausse fin puis ça repart joyeusement tous ensemble, tous ensemble, ouais!

PAUSE

" Summertime " de George Gershwin traité en électro groove. J'ai entendu récemment Jozef Dumoulin procéder à la même opération. Gershwin est décidément inusable. Là je reconnais les paroles. Pierrick prend possession de la scène. Ca tourne bien compact derrière et, en bon demi de mêlée, Pierrick distribue le jeu en stratège.

Pierrick s'en va et cède sa place à Jérôme accompagné de Juan Rozoff. Juan Rozoff est le seul Français capable de chanter du Prince en étant lui aussi Superfunkycalifragisexy. Il commence par chanter " Feel U up " une face B de Prince.

Groove léger. Son agréable de la flûte. Ca chaloupe bien. La rythmique est dense mais avec des superpositions.

Un nouveau morceau aux rythmes ouest africains. Quelques audacieux dansent.

S'ensuit un morceau très funky, dans le style de la programmation de Couleur 3 sur la Radio Suisse Romande. Le groove est dense, compact et le chanteur rappe impeccablement. Il semble qu'une certaine Lucille ( comme la guitare de BB King) lui ait brisé le coeur. retour à la flûte.

Pierrick et Jérôme remontent sur scène. Groove très profond et souple de la contrebasse. Le batteur martèle sans matraquer. La flûte plane au dessus. Ca fait onduler les gazelles. Groove très dense, sombre que viennent éclairer guitare et sax alto. Ca finit sur un solo de sax Hyperbolicsysquadellimystic. Au moins.

Ca repart sur un funk souple, princier, doux et humide.

Ma chronique s'arrête là. Ensuite j'ai dansé. La Why Cie et ses amis avaient gagné la partie.

Guillaume Lagrée >> accéder à l'article
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