Olivier Calmel Quartet : une longue introduction pianistique mêlant les thèmes du concert à la musique de Debussy a servi de prélude à un voyage à travers une musique évocatrice de paysages mentaux ou réels. Nullement contemplatives, les compositions d’Olivier Calmel doivent autant aux compositeurs modernes français (Debussy en tête) qu’à McCoy Tyner, Cedar Walton ou Herbie Hancock... mais avant tout, à Olivier Calmel soi-même ! Il a le goût des métriques composées, des harmonies pleines et complexes sans maniérisme, des ruptures rythmiques, du jeu sur les timbres et les couleurs sonores (un alto dans un quartet de jazz... - un violon alto, pas un sax). Le jeu sobre de Frédéric Eymard à l’alto, en contraste avec un pianiste parfois lyrique, ses dialogues avec la contrebasse de Bruno Schorp qui sonnent souvent comme... un trio à cordes ( !), sont l’une des belles surprises de ce quartet. Karl Jannuska à la batterie est un soutien sans faille ; l’ensemble produit une musique remarquable par la cohérence esthétique sans jamais recourir aux gimmicks ni à l’auto-citation.
L’an prochain ? On s’y retrouve bien volontiers.